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ANNEQUIN Alexandra

ANNEQUIN AlexandraAlexandra A. Touzet est née le 23 novembre 1978 à Paris. Archétype de l'élève studieuse en classe et discrète dans la cour de récréation, ce n'est pas le genre de personne qui cherche à se mettre en avant. Le positionnement en tant qu'auteur n'est donc pas une évidence pour elle.

Les livres ont hanté son enfance et l'ont poursuivi au fil de ses études et de sa vie d'adulte. Ils étaient d'abord une échappatoire discrète, une fenêtre sur le monde. Après des études de Lettres Modernes, son DESS en poche, elle trouve un premier emploi dans l'édition scolaire. Entourée de livres, toujours.

Alexandra, c'est au départ une lectrice, une dévoreuse d'histoire,passionnée de littérature et de cinéma ; de musique aussi. Tous les univers la passionnent, et toutes les époques : de Victor Hugo à Dennis Lehane, d'Anne Rice à Ken Follet, de Fred Vargas à André Gide. Elle fonctionne par coups de cœur. Un roman, c'est pour elle la rencontre avec un univers qui fait écho en soi.

Et puis, il y a eu ce matin où cet écho a brusquement résonné en elle. Jusque là, l'écriture, c'était une pause épisodique, dans des cahiers, où elle posait des idées, des bouts d'histoire, des morceaux de vie. Rien de sérieux. Rien qui ne vaille la peine d'être partagé.

Et puis, il y a eu ce matin. Alexandra est sortie d'un rêve avec une image en tête.Obstinément, cette image s'est imposée, plusieurs jours durant. Elle ne l'a pas quittée, omniprésente, obsédante. Alexandra a cru pouvoir s'en libérer en la posant sur le papier.Elle a compris plus tard – trop tard – qu'elle avait en fait ouvert une porte. L'écriture s'est imposée d'elle-même dans un flot ininterrompu. Autour de cette image première, des détails sont venus faisant émerger des dizaines de personnages avec un passé, des rêves, des faiblesses…

Après avoir noirci trois cahiers, Alexandra a dû se rendre à l'évidence : il se passait quelque chose de sérieux, une histoire se constituait qui réclamait une existence. À force de réécriture, de reformulations, de tâtonnements et d'hésitations, une structure s'est mise en place. Les notes se sont succédé pour aboutir à un manuscrit. Les éléments ont trouvé un ordre. Le Refuge des Héritiers est né. L'Air a ouvert la danse.

L'activité nocturne, en parallèle du quotidien, de la vie de famille, est devenue un rendez-vous régulier et essentiel. L'obsession s'est affirmée, accentuée, tant et si bien qu'Alexandra a ressenti le besoin d'en parler, aux proches d'abord, dont la curiosité a été piquée. Ce sont eux qui, après avoir lu les premières ébauches, ont poussé Alexandra à préciser des passages, affirmer sa plume. Elle a osé pousser les portes d'un atelier d'écriture qui se formait à Tonnerre (89), comme un test ultime face à la page blanche. Le défi relevé, il fallait se rendre à l'évidence et aller jusqu'au bout des choses : son roman était prêt, l'heure était venue de le soumettre à un éditeur.

Comment expliquer cette volonté de partage ? Parce qu'il faut avancer et se décider à poser un jour le fameux point final. Parce que d'autres histoires se bousculent dans d'autres cahiers. Et puis, surtout, parce que les personnages arrivés à maturité réclament leur indépendance.

L'écriture pour Alexandra est une découverte, une perspective dont l'axe central reste la poursuite de l'écriture. Dans cette dynamique, le fantastique s'apparente à un miroir déformant qui révèle la poésie de l'instant, la magie que recèle le geste ordinaire.

Les Editions d'Utoh